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03-08-20 Profils

Art & Culture

Des tapis rouges à la Mer rouge, le parcours surprenant d’un designer

Christophe Beaufays, designer

Milan, Paris, New York… Il est communément admis que les capitales de la mode sont à l’Ouest et que, pour se faire un nom dans le microcosme du design, il faut s’établir dans ces épicentres-là. Christophe Beaufays, lui, a choisi une autre voie, à l’Est, en Arabie saoudite plus précisément.

Cela fait 8 ans que ce designer belge de 48 ans opère à Djeddah, sur les rives de la mer Rouge après avoir fait ses gammes chez Jean-Paul Gaultier à Paris. Une trajectoire peu commune pour un créateur européen, mais un choix du coeur pour cet amoureux de la culture arabe et du Moyen-Orient.

Par amour pour la culture arabe

« Après six ans de travail avec Jean-Paul Gaultier, j’ai eu besoin d’un grand changement dans ma vie, explique le designer sous ses petites lunettes rondes. A l’époque, je voyageais souvent au Moyen-Orient (…) et je suis vraiment tombé amoureux de la culture arabe. » Dès lors, Christophe se met en tête de joindre sa passion pour le monde arabe et son CV de créateur. Une opportunité s’offre à lui à Dubaï, aux Emirats arabes unis : l’antenne dubaïote de l’Ecole supérieure des arts et techniques de la mode (ESMOD), célèbre école parisienne formant aux métiers de la mode, lui propose un poste de directeur artistique et de formateur.

« Je ne me sentais pas satisfait, je me suis senti un peu vide. Durant un an, je n’ai rien créé, je ne faisais que donner des idées. »

Christophe Beaufays

« Je me suis dit que ce serait une bonne première étape », se rappelle-t-il. Sa mission à Dubaï est de faire en sorte d’élever le niveau de l’établissement, toute jeune antenne de l’institution française. « Je pense que cela a été une réussite », assure Christophe. Mais l’aventure émirienne ne durera qu’un an pour le Belge qui regrette un manque de stimulation. « Je ne me sentais pas satisfait, je me suis senti un peu vide, regrette-t-il. Durant un an, je n’ai rien créé, je ne faisais que donner des idées. »

Frustrations et heureux hasard

Christophe choisit alors de quitter son poste à ESMOD avec l’espoir de continuer à exercer au Moyen-Orient. Son ambition se heurte bientôt à une dure réalité : les opportunités dans le secteur de la mode sont éphémères dans la région. « Je me suis résolu à rentrer à Paris », avoue-t-il. Mais c’était sans compter sur l’heureux hasard d’une rencontre avec Loai Naseem et Mona Alhaddad, les deux fondateurs de Lomar, une marque de prêt-à-porter saoudienne basée à Djeddah.

« Lomar était la première marque à moderniser le thobe, l’habit traditionnel masculin saoudien », explique Christophe. L’avant-gardisme de l’enseigne attise l’intérêt du Belge. Les deux entrepreneurs, de leurs côtés, cherchent à incorporer une touche occidentale à leurs créations. Le courant passe bien et l’ancien protégé de Jean-Paul Gaultier se retrouve quelques semaines plus tard à Djeddah avec la mission de « pérenniser la philosophie » de la marque.

De beaux défis à relever

Depuis plus 8 ans donc, Christophe occupe le poste de directeur artistique et designer en chef et directeur associé de la marque saoudienne, une position qu’il ne changerait pour rien au monde. « Je suis très heureux ici », assure le créateur qui participe activement à construire la notoriété de Lomar « en cassant les règles et les traditions » des vêtements standardisés du Golfe. La culture arabe, Christophe la porte désormais sur le corps, littéralement. Le Belge ne se pare que de thobes stylisés, fruits de ses créations chez Lomar.

« Il y a un intérêt croissant pour la mode chez les jeunes Saoudiens, mais il n’y a pas encore assez de marques dans ce pays. Mais cela veut dire qu’il y a des choses à faire, et de beaux défis à relever. »

Christophe Beaufays

La suite, le Belge la voit aussi en Arabie saoudite, dans un rôle actif dans le développement de la culture de la mode dans le pays. « Il y a un intérêt croissant pour la mode chez les jeunes Saoudiens, mais il n’y a pas encore assez de marques dans ce pays, admet-il. Mais cela veut dire qu’il y a des choses à faire, et de beaux défis à relever. »

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